lundi 17 août 2009

CHAPITRE I - LE METRO DE 16H50

Paris, jeudi 26 juillet 2007, station Saint-Michel. Il était 16h46 et le prochain métro devait arriver dans quatre minutes. Fritz-Joël Mont-d'Augsbourg regarda de l'autre côté du quai et aperçu une silhouette menaçante "oubliant" son colis sous le banc... Le compte à rebours avait commencé.

Fritz Joël avait soutenu sa thèse quelques semaines plus tôt et il était enfin diplômé. Il attendait le métro pour aller récupérer son billet d'avion pour s'envoler vers les mers du sud pour passer quelques semaines de vacances. Cela faisait trois ans qu'il n'avait pas eu de vraies vacances. Le programme de cette fin de journée était simple, il devait ensuite aller récupérer sa fiancée à la gare et devaient ensemble aller dîner chez l'une de ses vielles amies. Il venait de se fiancer à Christine Agathe, une étudiante en fin de diplôme qu'il avait rencontré sur lorsqu'il était chargé de cours l'année d'avant auprès des étudiants premières années. Ils avaient quelques étudiants en commun.
Il était heureux d'aller voir sa fiancée et pensait déjà à ce qu'il allait manger chez son amie Audrey Tricaux-d'Heulaine. Il était assis là, sur le quai, attendant le métro. Il aimait observer ce qui se passait dans cet univers souterrain de la plus belle ville du monde. Sans grande surprise, il se mit donc à observer les gens du quai d'en face. Il y avait en cet après-midi beaucoup de monde, surtout des touristes. Il y avait des grands, des petits, des couples, des familles, des groupes, des gens seuls... Son attention fut attirée par l'ouvrage que lisait un jeune homme debout sur le quai en face de lui. À cette distance il ne pouvait pas en distinguer le titre, mais à l'épaisseur du livre, il supposa qu'il s'agissait certainement de ce best-seller fantastique d'une certaine Jil Caroline. Derrière le jeune homme était assis un petit vieux. Il supposa que c'était un petit vieux. Le curieux personnage était recourbé et nul ne pouvait distinguer son visage de son vêtement. Il était même impossible de savoir si c'était une femme ou un homme, jeune ou vieux... Une large casquette recouvrait sa tête et ne laissait apparaître aucun cheveu. L'individu avait à ses pieds une boîte en carton entouré du classique gros ruban adhésif marron. Il soutenait d'une main sa valise à roulette. Il devait certainement rentrer d'une quelconque brocante. Le métro d'en face arriva. Il déchargea son flot de passager et se remplit aussi vite qu'il s'était rempli. Il parti. Fritz-Joël le suivi du regard et le regarda s'élancer. Il constata que le paquet du mystérieux personnage était là sous le banc. Regardant de nouveau vers le métro qui s'éloignait, il cru discerner le regard troublant et un étrange sourire sur le visage du petit vieux qui se tenait debout contre une vitre de la rame. C'est alors que son métro s'approcha. Pris dans le flot de passagers qui montait et descendait, il n'eut pas le temps de signaler le paquet oublié sur le quai. Lorsque la sonnerie retentit, il se retourna pour tenter d'entrevoir le colis, celui-ci avait disparu... or il n'y avait personne sur le quai. La rame entama sa course dans le tunnel, il était 16h50. C'étaient là les dernières choses dont il se souvenait lorsqu'il se réveilla.

Fritz-Joël ne s'était pas rendu compte qu'il gisait sur le sol, grièvement blessé. Il tentait de se remémorer les derniers événements qui l'avaient conduit là, au milieu des gravats, dans ce tunnel sombre et poussiéreux. Il se mit à tousser et ressentit une douleur au niveau de son flanc droit... Il réalisa qu'il n'entendait plus rien, pas un souffle ni une respiration. Était-il devenu sourd ou était-ce l'atmosphère sinistre qui suivait ce genre d'événement tragique? Quoi qu'il en soit, il tenta de se relever et se rendit compte de l'ampleur de la chose qui s'était abattue sur eux... Il y avait eu comme une explosion dans le tunnel. Il ne pouvait pas dire à quelle station il était sensé se trouver. La déflagration, s'il y en avait eu une, avait tout détruit. Rendant la lecture des plaques nominatives illisibles. La douleur le lançait, mais pourtant il ne saignait pas. Il tenta de se traîner vers un escalier de sortie, mais son trajet au milieu des morceaux de béton et de ferrailles en tout genre était compliqué. Il se rendit compte de l'horreur du spectacle auquel il était un acteur : il y avait de toutes part des corps, des morts, des morceaux de membres déchiquetés, des vêtements lacérés... Il voulu crier, mais aucun son ne sorti de sa bouche. Son rythme cardiaque s'accéléra, il ne pouvait supporter davantage la situation, il commença à avoir des vertige et juste avant de perdre connaissance, il cru voir des rayons de lumière qui venait du haut des escaliers. Il perdit connaissance sans avoir eu le temps d'apercevoir les secouristes.
Il était presque 20h30 lorsque Fritz-Joël fut remonté hors du tunnel du métro. Il reprit connaissance et vit qu'il était de nouveau à l'air libre.
Il avait à peine quitté le trou de la désolation et revu la lumière du jour qu’il sentit le poids de la culpabilité s’abattre sur lui : pourquoi était-il le seul survivant ? Il avait le sentiment que le pire n’était pas encore arrivé. C'était comme une intuition soudaine, et il ne savait pas pourquoi il ressentait cela à cet instant. En effet, il ne croyait pas en la théorie du complot… mais il commençait à avoir des doutes : il avait vu le colis suspect, il se souvenait de la silhouette menaçante, mais comment était-il possible que le quai en question n’aie pas été le centre de l’événement ? Il interrompit sa réflexion quand il aperçut, depuis le brancard sur lequel il était allongé, le même regard qui l’avait troublé sur le quai quelques heures auparavant… Il ne rêvait pas le petit vieux se tenait là devant lui, dans la foule comme un innocent sans reproches, et il venait constater les dégâts ! Les brancardiers poussèrent la civière sur laquelle était posée Fritz-Joël et l'ambulance dérapa à toute vitesse.

Extrait du quotidien Le Globe, Paris, 27 juillet 2007
Près de 150 morts et un unique survivant gravement blessé, dont le pronostic vital ne serait plus en jeu, c'est le triste bilan de l'attentat meurtrier qui s'est produit hier en fin d’après-midi dans le métro parisien. Pour le moment il n’a pas été revendiqué. Il est encore trop tôt pour parler d’un acte d’Al-Qaida, il semblerait toutefois que c’est la piste privilégiée. Les menaces islamistes proférées contre la France étaient prises très au sérieux par les ministères de l’Intérieur et de la Justice, après la confirmation de menaces faite par un centre américain spécialisé dans la surveillance des communications du réseau terroriste.

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