mercredi 19 août 2009

CHAPITRE III - QUI VEUT ÉPOUSER UNE RICHE HÉRITIERE ?

Après quelques jours de convalescence, de repos forcé et de réflexions intérieures, Fritz-Joël quitta l’hôpital pour rentrer chez lui. Pourtant, après avoir survécu à un attentat meurtrier et à une tentative d’assassinat, il se sentit seul et peu soutenu. Même sa fiancée, qu’il aimait plus que tout, n’était pas là. Ce fut une vielle amie qui vint l’accueillir, Audrey Tricaux-d’Heulaine. Mais l’héritière de l’un des plus grands groupes automobiles ne devait pas le fréquenter : sa vie en dépendait... Mais cela, ni lui, ni elle ne le savait. En chemin, Audrey lui apprit alors combien elle s’était inquiétée lorsqu’elle reçut le coup de fil de Christina lui apprenant qu’il faisait partie des victimes de l’attentat. Elle aimait Fritz-Joël comme son frère, ils avaient grandi ensemble. Aujourd’hui elle se préparait à avoir plus de responsabilité au sein de la société de son père, le groupe automobile Deulaine, dans l’espoir un jour de le diriger. Malgré sa fortune, elle était pourtant discrète et sobre. D’ailleurs elle passait inaperçue dans les rues, on ne la reconnaissait guère et veillait à ne pas être vue dans la presse. Elle savait que tôt ou tard elle deviendrait une personnalité publique, mais mieux valait tard. Sa profonde amitié pour Fritz-Joël, et leur solide relation, avait créé quelques frictions entre Christina et elle au début. Mais cette dernière s’était rendue compte qu’ils n’étaient qu’amis et qu’Audrey ne constituerait pas un obstacle entre elle et lui. C’était peut-être pour cela qu’elle avait laissé à Audrey la charge d’aller récupérer son fiancé.

Fritz-Joël était de nouveau chez lui, tentant de reprendre le cours de sa vie, mais il trouvait sa fiancée étrange depuis son retour. Mais ce n’est pas ce qui l’inquiétait pour le moment. Il venait de recevoir un appel de la police. L’enquête n’avançait pas à propos de l’attentat, aucun groupe terroriste ne l’avait revendiqué, aucune piste n'était privilégiée… C’était à propos du suicide de son médecin. Suicide d’autant plus mystérieux qu’une lettre d'adieu du docteur venait d’être retrouvée.
Fritz-Joël se présenta à l’Hôtel de Police. Le commissaire Clément Langlois le fit appeler. C’était un homme assez étrange, qui n’entrait dans aucun moule et était indéfinissable. Il brillait par son impertinence et se distinguait par son absence de méthode d’investigation. Il ne suivait que son intuition et pouvait changer radicalement de position au cours d’une enquête. Mais sa réputation l’avait précédée : autant le personnage était perturbant, autant ses résultats étaient spectaculaires. Avec une partie de son équipe, ils écoutèrent le visiteur.
Fritz-Joël avait fait part aux enquêteurs de ses doutes au sujet du colis suspect et du fait que le quai en question n’avait pas été touché par l’explosion. Il apprit alors que l’attaque, qui jusqu’à présent était considérée comme l’œuvre d’un groupe terroriste, était certainement un complot à l’échelle nationale, un complot qui menaçait peut-être les intérêts de la nation… Mais quel était le lien avec cette lettre ? La lettre du docteur ne mentionnait nullement les raisons pour lesquelles Max-Émilien avait tenté de l’assassiner. Il avait juste écrit : « Je suis désolé de ce que j’ai fait, je vois aujourd’hui où m’ont conduit mes choix, ma chérie je t’aimais, et je t’aime encore aujourd’hui, même si tu n’es plus avec moi. Je m’en remets à la justice divine. Adieu. Max ».
Apparemment le docteur ne s’était pas remis de la mort de sa femme, mais cela n’apportait guère de réponse à ses interrogations. Après l’entrevue avec les inspecteurs de la Police,Fritz-Joël rentra chez lui avec plus de questions que de réponses. Plus le temps passait, plus il avait l’impression que cette histoire s’assombrissait. Il se retrouvait au milieu d’une affaire opaque qui partait dans tous les sens. Il décida alors de mener ses propres investigations. Mais la partie n’était pas gagnée : comment soutirer des informations inexistantes ? Tout en réfléchissait à la façon d'agir, il prit un journal.

Fritz-Joël lisait son journal sans y prêter une grande attention. En survolant les pages des petites annonces, il regardait souvent les offres immobilières des particuliers, son regard fut attiré par une étrange annonce qui n'avait pas sa place dans ces colonnes :

Annonce n°1650 bis
AVIS DE DEMENAGEMENT APRAPT ST MICHEL PARIS 5e
EQUIPE PRETE POUR ENLEVEMENT 2-L-N HORAIRE DISPONIBLE CONTACT SOUS REF 22OU07 - 1650

Il tentait de comprendre ce qu’une annonce pour un déménagement faisant dans la catégorie « vente ». En relisant il se rendit compte qu’une coquille qui s’était glissée dans le texte. Au lieu de « Appart », il était écrit « aprapt »… « Aprapt » ? C’est bizarre, cela le faisait penser à « rapt », kidnapping… Puis il relu l’annonce en se disant que c’était peut-être là un message codé… Horreur ! Fritz-Joël ne voulait pas croire ce qu'il venait de lire : un rapt se préparait là où tout avait commencé, c'était clair. Mais comment arriverait-il à faire part aux autorités de ses convictions, lui qui avait déjà du mal à croire à ce qu'il supposait. Il appela alors Audrey, pour partager ses "découvertes". Il divaguait sûrement, le choc de l’attentat lui aura certainement secoué les neurones, mais il fallait qu’il en ait le cœur net. Au pire s’il s’était fait un film à cause d’une petite annonce mal rangée, cela lui servirait de motif pour aller voir Audrey, rester chez lui commençait à lui peser franchement.

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